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By: chen moncler

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Wednesday, 18-Jan-2012 03:07 Email | Share | | Bookmark
Mme Sazerat pâlit et sembla près de s'évanouir

Dès qu'elle disait au prince polo Abercrombie Fitch quelque chose d'inexact il rectifiait le propos et fixait les yeux de la marquise accablée et docile, avec l'intensité continue d'un magnétiseur. Un garçon vint me dire que ma mère m'attendait, je la rejoignis et m'excusai auprès de Mme Sazerat en disant que cela m'avait amusé de voir Mme de Villeparisis. À ce nom, Mme Sazerat pâlit et sembla près de s'évanouir. Cherchant à se dominer : – Mme de Villeparisis, Mlle de Bouillon ? me dit-elle. – Oui. – Est-ce que je ne pourrais pas l'apercevoir une seconde ? C'est le rêve de ma vie. – Alors ne perdez pas trop de temps, Madame, car elle ne tardera pas à avoir fini de dîner. Mais comment peut-elle tant vous intéresser ? – Mais Mme de Villeparisis, c'était en premières noces la duchesse d'Havré, belle comme un ange, méchante comme un démon, qui a rendu fou mon père, l'a ruiné et abandonné aussitôt après. Eh bien ! elle a beau avoir agi avec lui comme la dernière des filles, avoir été cause que j'ai dû, moi et les miens, vivre petitement à Combray, maintenant que mon père est mort, ma consolation c'est qu'il ait aimé la plus belle femme de son époque, et comme je ne l'ai jamais vue, malgré tout ce sera une douceur... Je menai Mme Sazerat, tremblante d'émotion, jusqu'au restaurant et je lui montrai Mme de Villeparisis.
Mais comme les aveugles qui dirigent leurs yeux ailleurs qu'où il faut, Mme Sazerat n'arrêta pas ses regards à la table où dînait Mme de Villeparisis, et, cherchant un autre point de la salle : – Mais elle doit être partie, je ne la vois pas où vous me dites. Et elle cherchait toujours, poursuivant la vision détestée, adorée, qui habitait son imagination depuis si longtemps. – Mais si, à la seconde table. – C'est que nous ne comptons pas à partir du même point. Moi, comme je compte, la seconde table, c'est une table où il y a seulement, à côté d'un vieux monsieur, une petite bossue, rougeaude, affreuse. – C'est elle ! Cependant, Mme de Villeparisis ayant demandé à M. de Norpois de faire asseoir le prince Foggi, une aimable conversation suivit entre eux trois, on parla politique, le prince déclara qu'il était indifférent au sort Chemise Abercrombie du cabinet, et qu'il resterait encore une bonne semaine à Venise. Il espérait que d'ici là toute crise ministérielle serait évitée. Le prince Foggi crut au premier instant que ces questions de politique n'intéressaient pas M. de Norpois, car celui-ci, qui jusque-là s'était exprimé avec tant de véhémence, s'était mis soudain à garder un silence presque angélique qui semblait ne pouvoir s'épanouir, si la voix revenait, qu'en un chant innocent et mélodieux de Mendelssohn ou de César Franck. Le prince pensait aussi que ce silence était dû à la réserve d'un Français qui, devant un Italien, ne veut pas parler des affaires de l'Italie. Or l'erreur du prince était complète. Le silence, l'air d'indifférence étaient restés chez M. de Norpois non la marque de la réserve mais le prélude coutumier d'une immixtion dans des affaires importantes.
Le marquis n'ambitionnait rien moins, comme nous l'avons vu, que Constantinople, avec un règlement préalable des affaires allemandes, pour lequel il comptait forcer la main au cabinet de Rome. Le marquis jugeait, en effet, que de sa part un acte d'une portée internationale pouvait être le digne couronnement de sa carrière, peut-être même le commencement de nouveaux honneurs, de fonctions difficiles auxquelles il n'avait pas renoncé. Car la vieillesse nous rend d'abord incapables d'entreprendre mais non de désirer. Ce n'est que dans une troisième période que ceux qui vivent très vieux ont renoncé au désir, comme ils ont dû abandonner l'action. Ils ne se présentent même plus à des élections futiles où ils Chemise Abercrombie Fitch tentèrent si souvent de réussir, comme celle de président de la République. Ils se contentent de sortir, de manger, de lire les journaux, ils se survivent à eux-mêmes. Le prince, pour mettre le marquis à l'aise et lui montrer qu'il le considérait comme un compatriote, se mit à parler des successeurs possibles du président du Conseil actuel. Successeurs dont la tâche serait difficile. Quand le prince Foggi eut cité plus de vingt noms d'hommes politiques qui lui semblaient ministrables, noms que l'ancien ambassadeur écouta les paupières à demi abaissées sur ses yeux bleus et sans faire un mouvement, M. de Norpois rompit enfin le silence pour prononcer ces mots qui devaient pendant vingt ans alimenter la conversation des chancelleries, et ensuite, quand on les crut oubliées, être exhumés par quelque personnalité signant « un Renseigné » ou « Testis » ou « Machiavel » dans un journal où l'oubli même où ils étaient tombés leur vaut le bénéfice de faire à nouveau sensation.


Monday, 19-Dec-2011 08:37 Email | Share | | Bookmark
Plus qu’un Kéraban

— Plus qu’un Kéraban, ajouta Van Mitten! — Mahomet me protège! répondit Kéraban. Mais prétendre que vous êtes plus entêté que moi!... — C’est évidemment improbable! répondit Ahmet, avec un accent de conviction qui alla jusqu’au coeur de son oncle. — Vous Doudoune Moncler Homme allez voir, reprit tranquillement Van Mitten, et.... — Nous ne verrons rien! s’écria Kéraban. — Veuillez m’entendre jusqu’au bout. C’était à propos de tulipes, cette discussion qui s’éleva entre madame Van Mitten et moi, de ces belles tulipes d’amateurs, de ces Genners, qui montent droit sur leur tige, et dont il y a plus de cent variétés. Je n’en avais pas qui me co?tassent moins de mille florins l’oignon! — Huit mille piastres, dit Kéraban, habitué à tout chiffrer en monnaie turque. — Oui, huit mille piastres environ! répondit le Hollandais.
Or, ne voilà-t-il pas que madame Van Mitten s’avise, un jour, de faire arracher une Valentia pour la remplacer par un Oeil de Soleil! Cela passait les bornes! Je m’y oppose.... Elle s’entête!... Je veux la saisir.... Elle m’échappe!... Elle se précipite sur la Valentia... Elle l’arrache... — Co?t: huit mille piastres! dit Kéraban. — Alors, reprit Van Mitten, je me jette à mon tour sur son Oeil de Soleil, que j’écrase! — Co?t: seize mille piastres! dit Kéraban. — Elle tombe sur une seconde Valentia.... dit Van Mitten. — Co?t: vingt-quatre mille piastres! répondit Kéraban, comme s’il e?t passé les écritures de Veste Moncler Femme son livre de caisse. — Je lui réponds par un second Oeil de Soleil!... — Co?t: trente-deux mille piastres. — Et alors la bataille s’engage, reprit Van Mitten. Madame Van Mitten ne se possédait plus. Je re?ois deux magnifiques ? ca?eux ? du plus grand prix par la tête.... — Co?t: quarante-huit mille piastres! — Elle en re?oit trois autres en pleine poitrine!... — Co?t: soixante-douze mille piastres! — C’était une véritable pluie d’oignons de tulipes, comme on n’en a peut-être jamais vu! Cela a duré une demi-heure! Tout le jardin y a passé, puis la serre après le jardin!... Il ne restait plus rien de ma collection! — Et, finalement, ?a vous a co?té?... demanda Kéraban. — Plus cher que si nous ne nous étions jetés que des injures à la tête, comme les économes héros d’Homère, soit environ vingt-cinq mille florins.
— Deux cent mille piastres [note: Environ 50,000 francs.]! dit Kéraban. — Mais je m’étais montré! — ?a valait bien cela! — Et là-dessus, reprit Van Mitten, je suis parti, après avoir donné des ordres pour réaliser ma part de fortune et la verser à la banque de Veste Moncler Homme Constantinople. Puis, j’ai fui Rotterdam avec mon fidèle Bruno, bien décidé à ne rentrer dans ma maison que lorsque madame Van Mitten l’aura quittée ... pour un monde meilleur.... — Où il ne pousse pas de tulipes! dit Ahmet. — Eh bien, ami Kéraban, reprit Van Mitten, avez-vous eu beaucoup d’entêtements qui vous aient co?té deux cent mille piastres? — Moi? répondit Kéraban, légèrement piqué par cette observation de son ami. — Mais certainement, dit Ahmet, mon oncle en a eu, et, pour ma part, j’en connais au moins un! — Et lequel, s’il vous pla?t? demanda le Hollandais. — Mais cet entêtement qui le pousse, pour ne pas payer dix paras, à faire le tour de la mer Noire! ?a lui co?tera plus cher que votre averse de tulipes! — ?a co?tera ce que ?a co?tera! riposta le seigneur Kéraban, d’un ton sec.


Tuesday, 6-Dec-2011 08:02 Email | Share | | Bookmark
Cela doit être

Sans cela, que viendrait-il faire à Odessa? — Cela doit être, dit Sélim. -Je le pense! répondit Ahmet, Pourquoi aurait-il quitté Constantinople, sans ce motif? Il se sera ravisé, mon digne oncle! Il a abandonné son comptoir, ses affaires, brusquement, sans prévenir!... C’est une surprise qu’il a voulu nous faire! — Comme il va être re?u! s’écria Nedjeb, et quel bon accueil l’attend ici! — Et son exprès ne vous a rien dit de ce qui l’amène, mon père? demanda Amasia.Doudoune Moncler Homme — Rien, répondit Sélim. Cet homme a pris un cheval à la maison de poste de Majaki, où la voiture de mon ami Kéraban s’était arrêtée pour relayer. Il est arrivé au comptoir, afin de m’annoncer que mon ami Kéraban viendrait directement ici, sans s’arrêter à Odessa, et par conséquent, d’un instant à l’autre, mon ami Kéraban va appara?tre! ? Si l’ami Kéraban pour le banquier Sélim, l’oncle Kéraban pour Amasia et Ahmet, le seigneur Kéraban pour Nedjeb, fut ? par contumace ? salué en cet instant des qualifications les plus aimables, il est inutile d’y insister. Cette arrivée, c’était la célébration du mariage à bref délai! C’était le bonheur des fiancés à courte échéance! L’union tant souhaitée n’attendrait même plus le délai fatal pour s’accomplir! Ah! si le seigneur Kéraban était le plus entêté, c’était aussi le meilleur des hommes! Yarhud, impassible, assistait à toute cette scène de famille.
Cependant, il n’avait point renvoyé son canot. Il lui importait de savoir quels étaient, au juste, les projets du seigneur Kéraban. Ne pouvait-il craindre, en effet, que celui-ci ne voul?t célébrer le mariage d’Amasia et d’Ahmet, avant de continuer son voyage autour de la mer Noire? En ce moment, des voix que dominait une voix plus impérieuse se firent entendre au dehors. La porte s’ouvrit, et, suivi de Van Mitten, de Bruno, de Nizib, apparut le seigneur Kéraban. BONJOUR, ami Sélim! bonjour! Qu’Allah te protège, toi et toute ta maison! ? Et, cela dit, le seigneur Kéraban serra solidement la main de son correspondant d’Odessa. ? Bonjour, neveu Ahmet! ? Et le seigneur Kéraban pressa sur sa poitrine, dans une vigoureuse étreinte, son neveu Ahmet. ? Bonjour, ma petite Amasia! ? Et le seigneur Kéraban embrassa sur les Veste Moncler Femme deux joues la jeune fille qui allait devenir sa nièce. Tout cela fut fait si rapidement, que personne n’avait encore eu le temps de répondre. ? Et maintenant, au revoir et en route! ? ajouta le seigneur Kéraban, en se retournant vers Van Mitten. Le flegmatique Hollandais, qui n’avait point été présenté, semblait être, avec son impassible figure, quelque étrange personnage, évoqué dans la scène capitale d’un drame. Tous, à voir le seigneur Kéraban distribuer avec tant de prodigalité ses baisers et ses poignées de main, ne doutaient plus qu’il ne f?t venu pour hater le mariage; mais, lorsqu’ils l’entendirent s’écrier ? En route! ?, ils tombèrent dans le plus parfait ahurissement. Ce fut Ahmet qui intervint le premier en disant: ? Comment, en route! — Oui! en route, mon neveu! — Vous allez repartir, mon oncle? — A l’instant! ? Nouvelle stupéfaction générale, tandis que Van Mitten disait à l’oreille de Bruno: ? En vérité, ces fa?ons d’agir sont bien dans le caractère de mon ami Kéraban! — Trop bien! ? répondit Bruno.
Cependant, Amasia regardait Ahmet, qui regardait Sélim, tandis que Nedjeb n’avait d’yeux que pour cet oncle invraisemblable, — un homme capable de partir avant même d’être arrivé! ? Allons, Van Mitten, reprit le seigneur Kéraban, en se dirigeant vers Veste Moncler Homme la porte. — Monsieur, me direz-vous?... dit Ahmet à Van Mitten. — Que pourrais-je vous dire? ? répliqua le Hollandais, qui marchait déjà sur les talons de son ami. Mais le seigneur Kéraban, au moment de sortir, venait de s’arrêter, et, s’adressant au banquier: ? A propos, ami Sélim, lui demanda-t-il, vous me changerez bien quelques milliers de piastres pour leur valeur en roubles? — Quelques milliers de piastres?... répondit Sélim, qui n’essayait même plus de comprendre. — Oui ... Sélim ... de l’argent russe, dont j’ai besoin pour mon passage sur le territoire moscovite. — Mais, mon oncle, nous direz-vous enfin?... s’écria Ahmet, auquel se joignit la jeune fille. — A quel taux le change aujourd’hui? demanda le seigneur Kéraban


Saturday, 3-Dec-2011 06:13 Email | Share | | Bookmark
répondit Yarhud

— Et que voulez-vous? — Seigneur Ahmet, répondit Yarhud, j’ai entendu parler de votre prochain mariage.... — Vous avez entendu parler là, capitaine, de la chose qui me tient le plus au coeur! — Je le comprends, seigneur Ahmet, répondit Yarhud en se retournant vers Amasia. Aussi ai-je eu la pensée de venir mettre à votre disposition toutes les richesses que contient ma tartane. — Eh! capitaine Yarhud, vous n’avez point eu là une mauvaise idée! répondit Ahmet. — Mon Moncler Femme cher Ahmet, en vérité, que me faut-il donc de plus? dit la jeune fille. — Que sait-on? répondit Ahmet. Ces capitaines levantins ont souvent un choix d’objets précieux, et il faut voir.... — Oui! il faut voir et acheter, s’écria Nedjeb, quand nous devrions ruiner le seigneur Kéraban pour le punir de son retard! — Et de quels objets se compose votre cargaison, capitaine? demanda Ahmet. — D’étoffes de prix que j’ai été chercher dans les lieux de production, répondit Yarhud, et dont je fais habituellement le commerce.
— Eh bien, il faudra montrer cela à ces jeunes femmes! Elles s’y connaissent beaucoup mieux que moi, et je serai heureux, ma chère Amasia, si le capitaine de la Gu?dare a dans sa cargaison quelques étoffes qui puissent vous plaire! — Je n’en doute pas, répondit Yarhud, et, d’ailleurs, j’ai eu soin d’apporter divers échantillons que je vous prie d’examiner, avant même de venir à bord. — Voyons! voyons! s’écria Nedjed. Mais je vous préviens, capitaine, que rien ne peut être trop beau pour ma ma?tresse! — -Rien, en effet! ? répondit Ahmet. Sur un signe de Yarhud, le matelot avait étalé plusieurs échantillons, que le capitaine de la tartane présenta à la jeune fille. ? Voici des soies de Brousse, brodées d’argent, dit-il, et qui viennent de faire leur apparition dans les bazars de Constantinople. — Cela est vraiment Moncler Homme d’un beau travail, répondit Amasia, en regardant ces étoffes, qui, sous les doigts agiles de Nedjeb, scintillaient comme si elles eussent été tissues de rayons lumineux. — Voyez! voyez! répétait la jeune Zingare. Nous n’aurions pas trouvé mieux chez les marchands d’Odessa! — En vérité, cela semble avoir été fabriqué exprès pour vous, ma chère Amasia! dit Ahmet. — Je vous engage aussi, reprit Yarhud, à bien examiner ces mousselines de Scutari et de Tournovo. Vous pourrez juger, sur cet échantillon, de la perfection du travail; mais c’est à bord que vous serez émerveillés par la variété des dessins et l’éclat des couleurs de ces tissus. — Eh bien, c’est entendu, capitaine, nous irons rendre visite a la Gu?dare! s’écria Nedjeb. — Et vous ne le regretterez pas, reprit Yarhud. Mais permettez-moi de vous montrer encore quelques autres articles.
Voici des brocarts diamantés, des chemises de soie crêpée à rayures diaphanes, des tissus pour féredjés, des mousselines pour iachmaks, des chales de Perse pour ceinture, des taffetas pour pantalons... ? Amasia ne se lassait pas d’admirer ces magnifiques étoffes que le capitaine maltais faisait chatoyer sous ses yeux avec un art infini. Pour peu qu’il f?t aussi bon marin qu’il était habile marchand, la Gu?dare devait être habituée aux navigations heureuses. Toute femme, — et les jeunes dames turques ne font point exception, — se f?t laissé tenter à la vue de ces tissus empruntés aux meilleures fabriques de l’Orient. Ahmet vit aisément combien sa fiancée les regardait avec admiration. Certainement, ainsi Moncler Femme que l’avait dit Nedjeb, ni les bazars d’Odessa, ni ceux de Constantinople, — pas même les magasins de Ludovic, le célèbre marchand arménien, — n’eussent offert un choix plus merveilleux. ? Chère Amasia, dit Ahmet, vous ne voudriez pas que ce honnête capitaine se f?t dérangé pour rien? Puisqu’il vous montre de si belles étoffes, et puisque sa tartane en apporte de plus belles encore, nous irons visiter sa tartane. — Oui! oui! s’écria Nedjeb, qui ne tenait plus en place et courait déjà vers la mer. — Et nous trouverons bien, ajouta Ahmet, quelque soierie qui plaise à cette folle de Nedjeb! — Eh! ne faut-il point qu’elle fasse honneur à sa ma?tresse, répondit Nedjeb, le jour où l’on célébrera son mariage avec un seigneur aussi généreux que le seigneur Ahmet? — Et, surtout, aussi bon! ajouta la jeune fille, en tendant la main à son fiancé. — Voilà qui est convenu, capitaine, dit Ahmet. Vous nous recevrez à bord de votre tartane.


Friday, 2-Dec-2011 06:17 Email | Share | | Bookmark
Le serviteur se retira

— Peut-être! répondit Ahmet. Faites entrer. ? Le serviteur se retira, et, un instant après, l’étranger se présentait à la porte de la galerie. C’était bien le capitaine Yarhud, commandant la tartane Gu?dare, rapide navire d’une centaine de tonneaux, aussi propre au Veste Moncler Homme cabotage de la mer Noire qu’à la navigation des échelles du Levant. A son grand déplaisir, Yarhud avait éprouvé quelque retard avant d’avoir pu jeter l’ancre à portée de la villa du banquier Sélim. Sans perdre une heure, après sa conversation avec Scarpante, l’intendant du seigneur Saffar, il s’était transporté de Constantinople à Odessa par les railways de la Bulgarie et de la Roumanie. Yarhud devan?ait ainsi de plusieurs jours l’arrivée du seigneur Kéraban, qui, dans sa lenteur de Vieux Turc, ne se dépla?ait que de quinze à seize lieues par vingt-quatre heures; mais, à Odessa, il trouva le temps si mauvais, qu’il n’osa se hasarder à faire sortir la Gu?dare du port, et dut attendre que le vent de nord-est e?t halé un peu la terre d’Europe. Ce matin, seulement, sa tartane avait pu mouiller en vue de la villa. Donc, de ce chef, un retard qui ne lui donnait plus que peu d’avance sur le seigneur Kéraban et pouvait être préjudiciable à ses intérêts.
Yarhud devait maintenant agir sans perdre un jour. Son plan était tout indiqué: la ruse d’abord, la force ensuite, si la ruse échouait; mais il fallait que, le soir même, la Gu?dare e?t quitté la rade d’Odessa, ayant Amasia à son bord. Avant que l’éveil ne f?t donné et qu’on p?t la poursuivre, la tartane serait hors de portée avec ces brises de nord-ouest. Les enlèvements de ce genre Veste Moncler s’opèrent encore, et plus fréquemment qu’on ne saurait le croire, sur les divers points du littoral. S’ils sont assez fréquents dans les eaux turques, aux environs des parages de l’Anatolie, on doit également les redouter même sur les portions du territoire, directement soumis à l’autorité moscovite. Il y a quelques années à peine, Odessa avait été précisément éprouvée par une série de rapts, dont les auteurs sont demeurés inconnus. Plusieurs jeunes filles, appartenant à la haute société odessienne, disparurent, et il n’était que trop certain qu’elles avaient été enlevées à bord de batiments destinés à cet odieux commerce d’esclaves pour les marchés de l’Asie Mineure. Or, ce que des misérables avaient fait dans cette capitale de la Russie méridionale, Yarhud comptait le refaire au profit du seigneur Saffar.
La Gu?dare n’en était plus à son coup d’essai en pareille matière, et son capitaine n’e?t pas cédé à dix pour cent de perte les profits qu’il espérait retirer de cette entreprise ? commerciale ?. Voici quel était le plan de Yarhud: attirer la jeune fille à bord Veste Moncler de la Gu?dare, sous prétexte de lui montrer et de lui vendre diverses étoffes précieuses, achetées aux principales fabriques du littoral. Très probablement, Ahmet accompagnerait Amasia à sa première visite; mais peut-être y reviendrait-elle seule avec Nedjeb? Ne serait-il pas possible alors de prendre la mer, avant qu’on p?t lui porter secours. Si, au contraire, Amasia ne se laissait pas tenter par les offres de Yarhud, si elle refusait de venir à bord, le capitaine maltais essayerait de l’enlever de vive force. L’habitation du banquier Sélim était isolée dans une petite anse, au fond de la baie, et ses gens n’étaient point en état de résister à l’équipage de la tartane. Mais, dans ce cas, il y aurait lutte. On ne tarderait pas à savoir en quelles conditions se serait fait l’enlèvement. Donc, dans l’intérêt des ravisseurs, mieux valait qu’il s’accomplit sans éclat. ? Le seigneur Ahmet? dit en se présentant le capitaine Yarhud, qui était accompagné d’un de ses matelots, portant sous son bras quelques coupons d’étoffes. — C’est moi, répondit Ahmet. Vous êtes?... — Le capitaine Yarhud, commandant la tartane Gu?dare, qui est mouillée là, devant l’habitation du banquier Sélim.


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